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Edition Spéciale Zoom – Présidentielle Américaine : Trump s’imposera-t-il face au Système ?

Publiée le 04/11/2020
Depuis 1908, aucun scrutin présidentiel aux Etats-Unis n’a été aussi serré. Comme en 2016, journalistes du système et instituts de sondages se sont trompés : il n’y aura pas de vague bleue en faveur de Joe Biden. Alors que les décomptes sont toujours en cours, et que les résultats sont toujours incertains, Donald Trump s’est définitivement imposé dans le paysage américain comme un phénomène pérenne, bien éloigné de l’erreur historique que certains commentateurs avaient à cœur de rabâcher. En milieu de journée (heure française), Joe Biden affichait 238 grands électeurs quand Donald Trump n’en comptait que 213. La course pour arriver à la majorité avec 270 grands électeurs est donc encore ouverte. Des incertitudes nées en partie de la grande proportion de vote par correspondance dont la régularité fait l’objet de nombreux débats. Si tout porte à croire que l’Etat démocrate de la Pennsylvanie (20 grands électeurs) fera tout pour ralentir le chemin de Donald Trump vers un deuxième mandat, le président américain pourrait conserver la Maison Blanche en s’imposant dans d’autres Etats-clés dont les résultats ne sont pas encore tombés, tels que le Wisconsin (10 grands électeurs), le Michigan (16 grands électeurs), l’Arizona (11 grands électeurs), la Georgie (16 grands électeurs), et la Caroline du Nord (15 grands électeurs). Gérald Olivier, journaliste et grand spécialiste de la politique américaine, auteur de "Sur la Route de la Maison Blanche" (disponible sur la boutique officielle de TVLibertés ici https://www.tvlibertes.com/produit/gerald-olivier-sur-la-route-de-la-maison-blanche ) décrypte les résultats partiels du scrutin et nous livre son analyse de la situation.

Zoom - Vincent Coussedière : La France s’enfonce faute d’incarnation

Publiée le 05/02/2026

Agrégé de philosophie et enseignant, Vincent Coussedière a longtemps observé la vie politique avant de franchir le pas de l’engagement électoral lors des législatives de 2024. De cette traversée du réel naît un livre très personnel intitulé "Marine Le Pen comme je l’imaginais", essai dans lequel l’auteur confronte ses attentes intellectuelles aux contraintes du champ politique. À travers une formule récurrente, presque obsessionnelle, il interroge ce qu’il aurait voulu que Marine Le Pen soit : une figure d’incarnation capable de rompre avec la gestion, la prudence et la normalisation. Le livre défend une thèse centrale : la politique n’est pas d’abord affaire de programme, mais d’incarnation. Vincent Coussedière critique ainsi la stratégie de normalisation, perçue moins comme une tactique électorale que comme un renoncement symbolique. Mais cette critique soulève une question troublante : la désillusion de l’auteur relève-t-elle d’un diagnostic lucide sur l’époque ou d’un dépit face à une figure politique trop idéalisée ? Car en creux, le livre reconnaît aussi que Marine Le Pen a su durer, rassembler et imposer son camp comme une force centrale de la vie politique française — ce qui, en soi, constitue déjà une forme d’incarnation dans un temps où le politique s’est largement vidé de sa substance.