Zooms
Zoom - Michel Bac - Des cités jusqu’au Bataclan : flic sur le terrain
Michel BAC, policier de terrain, "baqueux" que l’on envoie au charbon dès que "l’ordre républicain" est menacé, livre dans "Itinéraire d’un flic de terrain – Des cités jusqu’au Bataclan" un témoignage brut, sans filtre, sur les années passées dans les zones les plus sensibles de France.
Du quotidien dans les cités aux interventions lors d’émeutes, de la traque de délinquants aux scènes d’horreur du Bataclan, l’auteur raconte ce que vivent les policiers sur le terrain, loin des discours officiels. Il décrit la montée inexorable de la violence, la perte d’autorité de l’État, l’impuissance des forces de l’ordre face à certaines réalités, et le désarroi d’une institution en crise. Son regard est celui d’un homme affecté à la plus prestigieuse des BAC, la 75N, fidèle à sa mission, mais lucide sur les limites du système.
Dans un style direct, Michel BAC relate des opérations de maintien de l’ordre, des interventions sous tension, et les dérives qu’il a observées de l’intérieur. Il revient avec gravité sur les attentats de 2015, et en particulier sur l’assaut du Bataclan, où il a été un des tous premiers à entrer dans la salle du Bataclan et ses scènes de guerre. Ce livre est à la fois un cri d’alerte, un hommage aux collègues tombés, et une invitation à regarder la réalité en face. Il interroge : que peut encore la police quand la République recule et que la caste médiatique prend le parti du voyou ?
Un témoignage précieux pour comprendre ce qu’endure la base, loin des abstractions technocratiques. "Itinéraire d’un flic de terrain" donne finalement la parole à ceux qu’on n’écoute plus, mais qui tiennent encore debout. Un livre dur, poignant, humain.
Zoom - Jean-Yves Leandri : Colonisation française : les bienfaits interdits d’histoire ?
Et si la colonisation française ne se résumait pas au seul récit conformiste et autorisé de la domination, de la violence et de l’exploitation ? Et si elle avait aussi laissé des routes, des écoles, des hôpitaux, des infrastructures, mais surtout des rencontres et des fidélités que notre époque peine à regarder ? C’est cette mémoire oubliée que Jean-Yves Leandri veut faire revivre dans un livre attachant et émouvant "Lorsque la France était là-bas".
Né en Algérie et élevé entre l’Afrique et Madagascar, il raconte ce qu’il a vu et vécu, loin des procès rétrospectifs et des discours officiels. Son livre ne cache pas les injustices et les difficultés inhérentes au système colonial : il conteste en revanche l’idée qu’elles suffiraient à en raconter toute l’histoires de la présence française en Afrique. En 2026, cette question reste explosive, particulièrement lorsqu’il s’agit de l’Algérie.
Plus de soixante ans après l’indépendance, la mémoire coloniale continue en effet de peser lourdement sur les relations entre Paris et Alger. Faut-il encore demander pardon, ou retrouver une histoire capable d'assumer toutes ses contradictions et de faire la liste des apports économiques, sociaux et culturels de la France dans cette partie du monde ?
La force de Jean-Yves Léandri est d’ouvrir avec délicatesse et modération un dossier que la France n’a jamais vraiment refermé.
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