Zooms

Zoom - Daniel Neury : Des bourreaux à l’hôpital

Publiée le 07/09/2020
Il n’aura fallu qu’une semaine pour que les médecins d’Elisabeth Neury décident qu’elle doit être "débranchée". Après un malaise subit un matin d’hiver, l’épouse de Daniel Neury fait un arrêt cardiaque. Sa réanimation prendra plusieurs dizaines de minutes, laissant entrevoir de lourdes séquelles en cas de réveil. Dès son arrivée à l’hôpital, les médecins se montrent presque catégorique. Elle n’a aucune chance de s’en sortir. Dans son témoignage, Des Bourreaux à l’Hôpital, Daniel Neury livre son expérience d’époux aux côtés de la femme de sa vie plongée dans un profond coma dont on sait si peu de choses. L’entend-elle ? Apprécie-t-elle la musique qu’elle a tant aimée et que son mari s’emploie à lui faire écouter ? Sait-elle que les médecins chargés de son dossier sont déjà convaincus de l’issue fatale ? Au fil des pages, Daniel Neury raconte la froideur et parfois la violence des propos des médecins qui le poussent rapidement à accompagner l’ultime décision. L’auteur se veut également lanceur d’alertes pour que sa triste histoire pas si banale puisse éveiller les consciences.

Zoom - Vincent Coussedière : La France s’enfonce faute d’incarnation

Publiée le 05/02/2026

Agrégé de philosophie et enseignant, Vincent Coussedière a longtemps observé la vie politique avant de franchir le pas de l’engagement électoral lors des législatives de 2024. De cette traversée du réel naît un livre très personnel intitulé "Marine Le Pen comme je l’imaginais", essai dans lequel l’auteur confronte ses attentes intellectuelles aux contraintes du champ politique. À travers une formule récurrente, presque obsessionnelle, il interroge ce qu’il aurait voulu que Marine Le Pen soit : une figure d’incarnation capable de rompre avec la gestion, la prudence et la normalisation. Le livre défend une thèse centrale : la politique n’est pas d’abord affaire de programme, mais d’incarnation. Vincent Coussedière critique ainsi la stratégie de normalisation, perçue moins comme une tactique électorale que comme un renoncement symbolique. Mais cette critique soulève une question troublante : la désillusion de l’auteur relève-t-elle d’un diagnostic lucide sur l’époque ou d’un dépit face à une figure politique trop idéalisée ? Car en creux, le livre reconnaît aussi que Marine Le Pen a su durer, rassembler et imposer son camp comme une force centrale de la vie politique française — ce qui, en soi, constitue déjà une forme d’incarnation dans un temps où le politique s’est largement vidé de sa substance.