Zooms

Zoom - Gilles Gaetner - Macron : le "totalitarisme" mou

Publiée le 30/03/2021
Le 7 mai 2017, Emmanuel Macron entre à l'Elysée. Il se croit tout à la fois Jupiter et Bonaparte. Quatre ans ou presque ont passé. Il n'est plus qu'un président normal. Dans une lettre sans complaisance, Gilles Gaetner interpelle le chef de l'Etat sur les sujets qui fâchent : insécurité galopante, laïcité en péril, libertés publiques malmenées, lutte contre le terrorisme, copinage, verticalité du pouvoir, etc. Les Français pensaient avoir élu un président social-démocrate avec un zeste de Rocard et de Mendès France... ils ont désormais un président libéral mâtiné de Thatcher et de Sarkozy. Est-ce à dire que la réélection du plus jeune président de la Ve République n'est plus que du domaine de l'irréel ?

Zoom - Vincent Coussedière : La France s’enfonce faute d’incarnation

Publiée le 05/02/2026

Agrégé de philosophie et enseignant, Vincent Coussedière a longtemps observé la vie politique avant de franchir le pas de l’engagement électoral lors des législatives de 2024. De cette traversée du réel naît un livre très personnel intitulé "Marine Le Pen comme je l’imaginais", essai dans lequel l’auteur confronte ses attentes intellectuelles aux contraintes du champ politique. À travers une formule récurrente, presque obsessionnelle, il interroge ce qu’il aurait voulu que Marine Le Pen soit : une figure d’incarnation capable de rompre avec la gestion, la prudence et la normalisation. Le livre défend une thèse centrale : la politique n’est pas d’abord affaire de programme, mais d’incarnation. Vincent Coussedière critique ainsi la stratégie de normalisation, perçue moins comme une tactique électorale que comme un renoncement symbolique. Mais cette critique soulève une question troublante : la désillusion de l’auteur relève-t-elle d’un diagnostic lucide sur l’époque ou d’un dépit face à une figure politique trop idéalisée ? Car en creux, le livre reconnaît aussi que Marine Le Pen a su durer, rassembler et imposer son camp comme une force centrale de la vie politique française — ce qui, en soi, constitue déjà une forme d’incarnation dans un temps où le politique s’est largement vidé de sa substance.