Zooms

Zoom - Laurent Wetzel : Les intellectuels sous l'occupation

Publiée le 05/01/2021
Dans "Vingt intellectuels sous l'Occupation", Laurent Wetzel décortique l'attitude et l'engagement de lettrés au cours de la Seconde guerre mondiale. En 2021, on voit que nos intellectuels ont du mal à résister à la censure et à la dictature de la bien-pensance. Pendant la guerre, les intellectuels font des choix contraires : la résistance, la collaboration ou l'attentisme. Mais parmi les vingt portraits réalisés par l'historien, on retient surtout le comportement de quelques ambivalents : Mitterrand, Pompidou et Jean-Paul Sartre. Ce dernier, qui participe à l'épuration à la Libération, est le résistant du "Café de Flore", capable de déclarer qu'il n'a jamais été plus libre que sous l'Occupation allemande. Ambivalence ou lâcheté ?

Zoom - Vincent Coussedière : La France s’enfonce faute d’incarnation

Publiée le 05/02/2026

Agrégé de philosophie et enseignant, Vincent Coussedière a longtemps observé la vie politique avant de franchir le pas de l’engagement électoral lors des législatives de 2024. De cette traversée du réel naît un livre très personnel intitulé "Marine Le Pen comme je l’imaginais", essai dans lequel l’auteur confronte ses attentes intellectuelles aux contraintes du champ politique. À travers une formule récurrente, presque obsessionnelle, il interroge ce qu’il aurait voulu que Marine Le Pen soit : une figure d’incarnation capable de rompre avec la gestion, la prudence et la normalisation. Le livre défend une thèse centrale : la politique n’est pas d’abord affaire de programme, mais d’incarnation. Vincent Coussedière critique ainsi la stratégie de normalisation, perçue moins comme une tactique électorale que comme un renoncement symbolique. Mais cette critique soulève une question troublante : la désillusion de l’auteur relève-t-elle d’un diagnostic lucide sur l’époque ou d’un dépit face à une figure politique trop idéalisée ? Car en creux, le livre reconnaît aussi que Marine Le Pen a su durer, rassembler et imposer son camp comme une force centrale de la vie politique française — ce qui, en soi, constitue déjà une forme d’incarnation dans un temps où le politique s’est largement vidé de sa substance.