Zooms

Zoom - Maximilien Friche : Déboulonner la société en autocélébration permanente

Publiée le 14/04/2021
Maximilien Friche, rédacteur en chef du blog "Mauvaise Nouvelle" et journaliste à "L'Incorrect", est un romancier en vue qui vient de publier "Apôtres d’opérette". Les apôtres du livre rédigent des articles métapolitiques pour "déboulonner tous les raisonnements d'une société en autocélébration permanente". Très vite, les héros de Maximilien Friche passent de la narration à l'action, et à l'action violente. Ils vont aller jusqu'à se faire sauter en place publique à Auch, Toulouse et Paris pour bousculer une société qui s'effondre. Derrière son aspect tragi-comique, "Apôtres d'opérette" est un roman subversif et exigeant qui veut combattre la société de l'autosatisfaction par le chaos.

Zoom - Vincent Coussedière : La France s’enfonce faute d’incarnation

Publiée le 05/02/2026

Agrégé de philosophie et enseignant, Vincent Coussedière a longtemps observé la vie politique avant de franchir le pas de l’engagement électoral lors des législatives de 2024. De cette traversée du réel naît un livre très personnel intitulé "Marine Le Pen comme je l’imaginais", essai dans lequel l’auteur confronte ses attentes intellectuelles aux contraintes du champ politique. À travers une formule récurrente, presque obsessionnelle, il interroge ce qu’il aurait voulu que Marine Le Pen soit : une figure d’incarnation capable de rompre avec la gestion, la prudence et la normalisation. Le livre défend une thèse centrale : la politique n’est pas d’abord affaire de programme, mais d’incarnation. Vincent Coussedière critique ainsi la stratégie de normalisation, perçue moins comme une tactique électorale que comme un renoncement symbolique. Mais cette critique soulève une question troublante : la désillusion de l’auteur relève-t-elle d’un diagnostic lucide sur l’époque ou d’un dépit face à une figure politique trop idéalisée ? Car en creux, le livre reconnaît aussi que Marine Le Pen a su durer, rassembler et imposer son camp comme une force centrale de la vie politique française — ce qui, en soi, constitue déjà une forme d’incarnation dans un temps où le politique s’est largement vidé de sa substance.