Zooms

Zoom - Nicolas Battini : "Terra corsa a i Corsi", La Terre corse aux Corses

Publiée le 19/02/2024

Doctorant en langue et culture corse, Nicolas Battini est le jeune dirigeant de l’association culturelle Palatinu qui se donne pour première mission de défendre l’identité corse.

Condamné à huit ans de réclusion à l’âge de 18 ans, Nicolas Battini a fait six années de prison pour l’attaque à la voiture bélier de la sous-préfecture de Corte qui avait provoqué de gros dégâts matériels. Aujourd’hui, le responsable corse propose un nouveau narratif dans le nationalisme corse, "un nationalisme de notre temps". "La Corse ne fabrique plus de Corses, la machine est cassée. Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut la mettre au rebut. Il faut la reconstruire !".

En rupture de ban avec ses anciens amis, Nicolas Battini affirme que l’identité corse est menacée par l’immigration mais aussi le wokisme, l’islamo-gauchisme et le centralisme parisien. Un discours novateur qui trouve un véritable écho dans la population qui se mobilise et manifeste dans la rue. Alors que se dessine sur l’île la revendication d’une identité revigorée, Nicolas Battini vient de créer une formation politique "Mossa palatina" avec en ligne de mire les élections municipales et territoriales.

Zoom - Vincent Coussedière : La France s’enfonce faute d’incarnation

Publiée le 05/02/2026

Agrégé de philosophie et enseignant, Vincent Coussedière a longtemps observé la vie politique avant de franchir le pas de l’engagement électoral lors des législatives de 2024. De cette traversée du réel naît un livre très personnel intitulé "Marine Le Pen comme je l’imaginais", essai dans lequel l’auteur confronte ses attentes intellectuelles aux contraintes du champ politique. À travers une formule récurrente, presque obsessionnelle, il interroge ce qu’il aurait voulu que Marine Le Pen soit : une figure d’incarnation capable de rompre avec la gestion, la prudence et la normalisation. Le livre défend une thèse centrale : la politique n’est pas d’abord affaire de programme, mais d’incarnation. Vincent Coussedière critique ainsi la stratégie de normalisation, perçue moins comme une tactique électorale que comme un renoncement symbolique. Mais cette critique soulève une question troublante : la désillusion de l’auteur relève-t-elle d’un diagnostic lucide sur l’époque ou d’un dépit face à une figure politique trop idéalisée ? Car en creux, le livre reconnaît aussi que Marine Le Pen a su durer, rassembler et imposer son camp comme une force centrale de la vie politique française — ce qui, en soi, constitue déjà une forme d’incarnation dans un temps où le politique s’est largement vidé de sa substance.