Zooms
Zoom - Philippe Prévost : Laïcité française : la religion de la République
Charte de la laïcité, polémiques sur le voile ou l’abaya, fête de Hanoucca à l’Élysée... Comme l’a écrit Jean-Marie Mayeur, historien spécialiste de la IIIème République, "Peu de mots sont plus chargés de passion que celui de laïcité".
Ce concept a deux sens très différents, pour ne pas dire opposés. Un sens traditionnel dérivé de la parole du Christ : "Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu" et celui donné à partir de la Révolution ou sous prétexte d’unité, tout a été donné à César et rien à Dieu. Ces deux conceptions de la laïcité sont incompatibles contrairement à ce qu’ont cru les partisans du Ralliement et du dernier Concile. C’est cette histoire mouvementée ou les torts ne sont pas tous du même côté, loin de là, que raconte l'historien et essayiste Philippe Prévost dans son ouvrage "Vraie et fausse laïcité" publié aux Editions d'Action Française.
Zoom - Vincent Coussedière : La France s’enfonce faute d’incarnation
Agrégé de philosophie et enseignant, Vincent Coussedière a longtemps observé la vie politique avant de franchir le pas de l’engagement électoral lors des législatives de 2024. De cette traversée du réel naît un livre très personnel intitulé "Marine Le Pen comme je l’imaginais", essai dans lequel l’auteur confronte ses attentes intellectuelles aux contraintes du champ politique. À travers une formule récurrente, presque obsessionnelle, il interroge ce qu’il aurait voulu que Marine Le Pen soit : une figure d’incarnation capable de rompre avec la gestion, la prudence et la normalisation. Le livre défend une thèse centrale : la politique n’est pas d’abord affaire de programme, mais d’incarnation. Vincent Coussedière critique ainsi la stratégie de normalisation, perçue moins comme une tactique électorale que comme un renoncement symbolique. Mais cette critique soulève une question troublante : la désillusion de l’auteur relève-t-elle d’un diagnostic lucide sur l’époque ou d’un dépit face à une figure politique trop idéalisée ? Car en creux, le livre reconnaît aussi que Marine Le Pen a su durer, rassembler et imposer son camp comme une force centrale de la vie politique française — ce qui, en soi, constitue déjà une forme d’incarnation dans un temps où le politique s’est largement vidé de sa substance.
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