Zooms

Zoom - Richard Labévière : BHL : de l’égo et du vent

Publiée le 13/01/2021
Son décolleté est reconnaissable dans tout le milieu germanopratin. Parangon de la "moraline", champion des donneurs de leçons, ami des déstabilisations, Bernard Henri-Lévy traîne ses guêtres et sa chevelure sur le PAF depuis toujours. Doté d’une réputation de philosophe largement usurpée, il est de toutes les sphères d’influence. Dans "Bernard-Henri Lévy ou La règle du je" (Ed. Le temps des cerises), un pamphlet érudit et drolatique, le journaliste Richard Labévière et le professeur de philosophie et psychanalyste Bruno Jeanmart dépeignent un usurpateur surcoté qui bénéficie toujours des oreilles du pouvoir.

Zoom - Vincent Coussedière : La France s’enfonce faute d’incarnation

Publiée le 05/02/2026

Agrégé de philosophie et enseignant, Vincent Coussedière a longtemps observé la vie politique avant de franchir le pas de l’engagement électoral lors des législatives de 2024. De cette traversée du réel naît un livre très personnel intitulé "Marine Le Pen comme je l’imaginais", essai dans lequel l’auteur confronte ses attentes intellectuelles aux contraintes du champ politique. À travers une formule récurrente, presque obsessionnelle, il interroge ce qu’il aurait voulu que Marine Le Pen soit : une figure d’incarnation capable de rompre avec la gestion, la prudence et la normalisation. Le livre défend une thèse centrale : la politique n’est pas d’abord affaire de programme, mais d’incarnation. Vincent Coussedière critique ainsi la stratégie de normalisation, perçue moins comme une tactique électorale que comme un renoncement symbolique. Mais cette critique soulève une question troublante : la désillusion de l’auteur relève-t-elle d’un diagnostic lucide sur l’époque ou d’un dépit face à une figure politique trop idéalisée ? Car en creux, le livre reconnaît aussi que Marine Le Pen a su durer, rassembler et imposer son camp comme une force centrale de la vie politique française — ce qui, en soi, constitue déjà une forme d’incarnation dans un temps où le politique s’est largement vidé de sa substance.