Les Conversations

Les Conversations de Paul-Marie Coûteaux avec Boualem Sansal : L'Algérie est détruite (2ème partie)

Publiée le 25/08/2024

Voici la seconde partie de nos Conversations avec Boualem Sansal (pour mieux la saisir, il est conseillé de se reporter à la première, diffusée le 24 mai dernier). Entre temps, le célèbre écrivain algérien est devenu franco-algérien puisqu’il vient d’obtenir cette année la nationalité française. C’est d’ailleurs sur l'épineuse question des relations franco-algériennes que nous avons relancé la conversation : comment comprendre, 62 ans après la création de la République socialiste, que la symbiose avec la France, qui l’a créée de toutes pièces, symbiose tant voulue par Paris au prix d’innombrables concessions, ait échoué au point que les deux Etats que tout devrait pousser à s’entendre, soient désormais "face à face" ? Et cela alors même que, dans le monde nouveau où émergent les BRICS, les coopérations seraient si utiles aux deux parties, notamment grâce au cadre de la francophonie ? Boualem Sansal, né en 1949 et devenu ces vingt dernières années, l'un des écrivains de langue française les plus lus à travers le monde poursuit ici, avec un charme inimitable, le récit de sa vie, exprimant sans détour ses conceptions du monde, farouchement ans-islamistes et anti-totalitaires, ainsi que ses projets, ou ses rêves, politiques… 

Les Conversations de Paul-Marie Coûteaux avec Michel Onfray (2ème partie) - "Je suis judéo-chrétien"

Publiée le 02/08/2026

Michel Onfray est l’un des rares personnages qui m’intimident : l’extraordinaire agilité de son intelligence, sa très vaste érudition mise au service d'une force de travail qui ne l’est pas moins (il a déjà publié plus de 150 livres !), par dessus tout son permanent souci de la vérité, dût-il brûler ses vaisseaux pour pouvoir la dire, en font l’un des rares intellectuels français universels, capable de s’adresser à tout Français - outre qu’il est le plus traduit de nos philosophes et essayistes, son rayonnement à l’étranger faisant honneur à la France.

Dans une première conversation, il s’est livré avec beaucoup de simplicité et de confiance en nous parlant de son Père, figure marquante entre toutes, de sa mère, de son enfance dans une ferme modeste de Normandie. Nous poursuivons ici ce récit avec les années où il fut placé dans un orphelinat catholique, où le réflexe qui le fit écrire dès l’âge de 10 ans fut pour ainsi dire la clef de sa prison,  ses premiers ouvrages publiés très jeune, son refus obstiné de toute carrière universitaire, sa farouche indépendance d’esprit. Celle-ci ne fut pas mise en défaut, comme elle aurait pu l’être, lorsque, dans les premiers années du nouveau siècle ( il avait quarante ans)  l’anarchisme obstiné de ses premiers écrits fut pris comme à rebours par l’évolution de notre civilisation, laquelle révéla année après année que, tandis que s’installait une bien réelle anarchie, il découvrit assez vite  qu’il n’y avait fait pas , pour reprendre la célèbre formule soixante-huitarde, « sous les pas pavés la plage », mais au contraire « sous les pavés la barbarie ». D’autres auraient pus s‘accrocher à leurs premières fixations idéologiques : il n’en fit rien, et, analysant notre monde tel qu’il évolue, ou tel qu'il s'effondre, il engagea une véritable révolution intellectuelle qui lui permet de découvrir les plus fraîches, et les plus terribles vérités sur la profonde « décimalisation » qui prend à la gorge l’ancien libertaire. Une conversation sans fin…